—Ou il rentrait ou il allait sortir. J'ai dû le surprendre. La preuve en est qu'il a fait un nez long d'une aune, lorsque je lui ai transmis votre ordre. Ça le contrariait fort, et c'est en sentant qu'il allait regimber que je lui ai débité votre phrase qui, aussitôt, a versé de l'huile sur sa raideur. Il a un peu pâli, puis après une bien courte hésitation, il m'a dit de venir annoncer qu'il me suivait.

Cardeuc avait paisiblement écouté en cherchant à découvrir ce qui en était. Est-ce que le nabot, avant de se rendre à la métairie, ne serait pas d'abord allé à cet endroit inconnu pour lequel, de si bon matin, il allait partir quand la visite de Fend-l'Air l'avait surpris?

Quel était cet endroit?

Croutot avait-il été s'y cacher pour ne pas obéir à l'ordre? Ou bien, une fois entré en cet endroit, quelque cause imprévue l'avait-elle empêché d'en sortir? Un fait était bien évident. C'était que, derrière le gamin, Croutot avait quitté son domicile où le hussard expédié par le général Labor, avait trouvé visage de bois.

—Retourne à ton pâturage et guette bien si notre homme n'arrive pas au château. Vite, tu viendras m'en avertir, commanda Coupe-et-Tranche au jeune vaurien.

—Ah! à propos, fit le gamin, il se passe du nouveau au château.

—Quoi donc?

—Tout à l'heure, quand vous m'avez rappelé, j'ai vu par la grille d'honneur, tous les hussards rassemblés dans la grande cour, en selle et sabre au poing.

—Sans doute qu'ils allaient passer l'inspection du général, supposa
Cardeuc, qui se préoccupait surtout de la disparition de Croutot.

Et il rentra dans la salle où il ne trouva plus que le Notaire. Suzanne, excédée de fatigue, avait été se jeter sur le lit d'une chambre voisine.