—Et que Lambert et Fichet n'ont pu retrouver, acheva Meuzelin.

Il parut que les bandits avaient été plus heureux que les deux gendarmes, car un cri de chat-huant se fit bientôt entendre un peu loin sous bois. Ceux de la bande restés sur place vinrent se ranger sur la lisière du parc, semblant attendre le retour des autres. Un à un, prévenus par le cri de n'avoir pas à continuer leurs recherches, reparurent les pelotons de cinq ou six hommes qui s'étaient mis en quête.

—Ont-ils ramassé un mort ou un blessé? dit Fil-à-Beurre.

—C'est ce que nous allons apprendre par le retour de ceux qui n'ont pas encore paru, répondit Vasseur.

Un mouvement des Chauffeurs qui se massèrent avec empressement indiqua qu'ils voyaient arriver les retardataires.

En effet, du taillis qui s'écarta, sortirent les derniers Chauffeurs soutenant un homme à la marche chancelante qui, tout aussitôt, fut entouré par la bande entière.

S'il eût été de taille ordinaire, ce blessé, ainsi englobé dans la masse, aurait échappé aux regards de Vasseur et de ses amis. Mais il était d'une stature telle, que sa tête dépassait de toute sa hauteur celles de ses camarades.

—Le Beau-François! firent les trois compagnons ébahis.

Oui, c'était bien le colosse que, deux heures auparavant, ils avaient tenu prisonnier et qui, de si étrange façon, avait trouvé le moyen de leur échapper en laissant à sa place le nabot, tout aussi bien garrotté qu'il l'avait été lui-même…

Des trois amis, le policier était demeuré le plus étonné, car l'apparition du Beau-François déconcertait toutes ses idées.