C'était un petit coffret d'ébène, fermé par deux agrafes en argent.

Et quand Fil-à-Beurre l'eut ouvert, la lumière de la bougie fit scintiller de mille feux les diamants dont ce coffret était rempli.

Comment ce coffret, au contenu si splendide, pouvait-il se trouver dans le caveau? Son bois, que n'altérait aucune humidité, attestait qu'il n'y avait pas encore fait long séjour.

Il ne pouvait appartenir à Gervaise. Donc, il devait avoir été apporté là par celui ou celle qui avait enfermé la jeune fille dans cette sorte d'in-pace. Avait-on déposé volontairement ces bijoux en cette retraite avec l'intention de les reprendre? Y avait-on oublié le coffret? Là était la question?

Et quand Gervaise, qui revenait complètement à la vie et à l'espérance entre les bras de Vasseur, fut interrogée à ce sujet, elle ne put répondre sur qui l'avait amenée dans le souterrain. Entièrement privée de connaissance quand elle y avait été descendue par le Beau-François, il lui était impossible de rien révéler sur ce point. Mais, ce qu'elle pouvait assurer, c'était par qui elle avait été abandonnée dans cette tombe anticipée, puisqu'elle était sortie de son évanouissement juste à temps pour reconnaître madame de Méralec, à la lueur de la lanterne qu'elle portait, refermant la porte du caveau.

Au nom de la fausse comtesse, Meuzelin devina tout.

—J'y suis, dit-il. La mâtine, quand elle nous a échappé en s'enfuyant par l'issue secrète du boudoir était si loin d'avoir perdu la carte que, désespérant de retrouver la position d'où j'étais venu la débusquer, elle a voulu emporter une poire pour la soif. En conséquence, comme épave sauvée de son naufrage, elle a décampé en volant les diamants de la vraie comtesse.

Et il conclut en ajoutant:

—Donc, qu'elle ait laissé volontairement le coffret ou qu'elle l'ait oublié ici, elle reviendra inévitablement en ce caveau pour le reprendre.

—Et elle retombera en nos mains, dit Vasseur, plein de haine pour celle qui avait condamné Gervaise à mourir de faim.