Alors, puisqu'ils n'avaient plus rien à craindre des Chauffeurs, ils pouvaient donc quitter leur retraite pour aller retrouver le général Labor qui, enfin éclairé sur leur compte, les accueillerait à bras ouverts.

Ce fut ce que comprit l'ogre Pitard, qui fit à Meuzelin cette proposition:

—S'il vous plaît que nous nous en allions, je vais vous révéler la sortie dont je vous ai parlé.

—Et que tu ne voulais nous apprendre qu'à la dernière extrémité, sous prétexte que c'était le secret d'un autre.

—Oh! le secret d'un autre, répéta tristement Pitard. D'après le peu que vient de dire ce gredin de Taugencel, je vois que je ne suis pas seul à le connaître.

—Tu veux parler des amours de madame de Biéleuze et du marquis de la
Brivière?

—Oui. Or, si Taugencel connaît cette liaison, il doit savoir comment les deux amants se réunissaient et, par conséquent, il n'ignore pas l'existence de la dalle à bascule… Alors que le marquis était l'amant de la comtesse, pour sauver la réputation de cette dernière que les mauvaises langues commençaient à entamer, il fit venir de bien loin des ouvriers qui, sous les caves du château, creusèrent le caveau où nous sommes et le relièrent par une galerie à un pavillon rustique, situé dans le parc mitoyen qui était celui de madame de Biéleuze. Pendant que les curieux du pays perdaient leur temps à épier les démarches des amants que, dès ce jour, on ne vit plus se rencontrer, ceux-ci purent continuer leurs relations, qui durèrent jusqu'au départ du marquis pour l'émigration.

—Où il s'en alla en laissant à la comtesse cette fille nommée Julie? appuya le policier.

Il répugnait probablement à Pitard d'en dire plus long sur la comtesse de Biéleuze, car il rompit les chiens en demandant:

—Partons-nous?