—J'ai eu besoin de me souvenir de la vieille amitié qui vous lie à
Césarine pour ne pas la rappeler au respect qui vous est dû.
Je supposais qu'il allait me répliquer. À mon étonnement, il abandonna ce sujet pour dire:
—Vite aux papiers de l'étude.
Que s'était-il donc passé, cette nuit entre la Faublin et l'avorton qui les rendît, elle si haute de verbe, lui si souple d'échine?
—Soit! passons dans mon cabinet, dis-je après avoir vidé ma tasse.
Je me dirigeais vers la porte de communication quand, de l'autre côté, rentra Césarine, qui avança la main en disant:
—Voici ce que vous avez perdu.
Et elle me remit un trousseau de clefs que d'habitude, je plaçais dans la poche de mon gilet. J'étais si sûr de les y retrouver encore que, tout machinalement, je portais la main à cette poche. Elle était bien vide. Pourtant, je me souvenais que, la veille, en me déshabillant, mes doigts avaient encore palpé ces clefs sous l'étoffe.
—Où as-tu ramassé ce trousseau? demandai-je avec une vive surprise en regardant la Faublin.
Ses lèvres se remuèrent pour une réponse; mais avant d'en lâcher le premier mot, Césarine tourna vers le nabot un regard qui, immédiatement, appela mes yeux sur le bout d'homme. Il était un peu pâle, et d'une mine suppliante au possible, il invoquait la discrétion de ma servante.