Le proverbe est si vrai que le nain, qui se voyait déjà en face des millions, crut que le château entier s'écroulait sur sa tête, tant fut lourd le poing du Beau-François qui, tout à coup, s'abattit à toute volée sur son crâne.
Il n'eut pas même le temps de faire: Ouf! avant de rouler à demi assommé sur le sol, ni d'entendre cette épithète dont le géant accompagna son coup de poing.
—Cornichon!!!
Mou comme une chiffe, plus léger qu'une plume entre les mains vigoureuses du Beau-François, cet excellent Croutot, évanoui, ne put juger du talent avec lequel son brutal compagnon le ficelait avec les mêmes liens dont il venait d'être délivré.
—Je vais le porter à ma place. Ça occupera toujours le Meuzelin pendant que je décamperai, pensa le Chauffeur.
Seulement, comme il se dit aussi qu'une mauvaise rencontré le trouverait désarmé, le Beau-François se rappela le solide couteau dont s'était servi son libérateur pour couper ses liens, et il se mit à fouiller les vêtements de sa victime.
De la même poche, il tira le couteau et un papier plié qu'il remit à plus tard d'examiner.
Après quoi, sa lanterne d'une main, portant de l'autre le nain garrotté, bâillonné et évanoui, il alla déposer son fardeau à cette même place qu'il avait occupée.
—Je vois d'ici la figure que fera Meuzelin en trouvant mon remplaçant, pensa-t-il en s'éloignant.
Grâce à la lanterne, il retrouva facilement son chemin dans les circuits du souterrain. Il était si certain d'en sortir qu'il n'attendit même pas d'être dehors pour savoir quel était le papier retiré de la poche du nain.