—Pas plus que dans mon oeil, affirma Fichet.
Meuzelin referma la porte et revint dans la lingerie où, à son tour, le lieutenant arrivait par le petit escalier. Le pauvre Vasseur était livide, le désespoir lui convulsait la face, il flageolait sur ses jambes; mais, dans ses yeux, brillait une colère qui annonçait l'intention arrêtée, dût-il employer la torture, de faire avouer à la femme, que Meuzelin devait avoir retrouvée, ce qu'était devenu le corps de la malheureuse Gervaise.
L'agent devina et prévint la question qu'il allait lui adresser.
—La tarpiaude m'a glissé entre les doigts, annonça-t-il. À coup sûr, cet appartement possède une issue secrète par laquelle la mâtine a gagné le large.
—Pendant que nous enfoncions la porte, elle, de la fenêtre, a dû voir emporter le corps de Gervaise. Il faut, à toute force, que nous la rattrapions, dit le lieutenant d'une voix fébrile.
—Heu! heu! fit le policier. En pleine nuit, c'est impossible. Mieux vaut attendre à demain. Au jour, nous relèverons probablement quelques traces dans le parc et je vous jure que tout ce dont je suis capable, je le tenterai pour vous.
Le lieutenant, résigné à attendre, se laissa tomber sur une chaise, en disant d'une voix brisée:
—En admettant que Gervaise vive encore, elle est perdue si elle est rejointe par Suzanne.
—Tiens! fit le policier, la catin s'appelle Suzanne? Puis, après un petit silence, il demanda:
—Pour tuer le temps, jusqu'à demain matin, si vous me contiez l'histoire de votre Suzanne?