—Oh! oui, le pauvre homme! En voilà un qui en voit de dures pour le quart d’heure, dit le rôtisseur dont la méfiance et la fureur s’étaient complétement dissipées.
—Pas de place, pas de pain, n’est-ce pas?
—Ces gueux-là l’ont jeté sur le pavé comme un chien, sans se demander comment il nourrirait le lendemain sa femme et ses enfants.
—De sorte que l’argent manque? continua Bokel, poursuivant son interrogatoire.
—Dame! oui. Je puis vous en parler à bon escient, car, peu à peu, je l’ai vu emporter tout ce qu’il y avait à vendre dans son ménage... et, cela, pour manger.
—Cette vie-là doit l’avoir fait maigrir? demanda le tailleur avec inquiétude.
—Il n’a plus que la peau et les os.
—Que la peau... répéta Bokel en pâlissant.
—... Et les os, oui, monsieur; il fait passer sa femme et ses mioches avant lui et ne mange que ce qui reste... quand il en reste, ce qui ne doit pas arriver tous les jours... Ah! oui, je vous en réponds, il est d’une belle maigreur! Il a, je...
Le rôtisseur s’interrompit tout à coup pour tendre la main vers la rue.