Sur cette promesse de sa fille, le tailleur vint rejoindre Timoléon.

La porte n’était pas plutôt refermée sur Bokel que le jeune homme demandait à brûle-pourpoint au tailleur:

—Voyons, Bokel, quand finira votre plaisanterie?

—Quelle plaisanterie?

—Celle qui dure depuis ce matin; la note acquittée, le billet de mille francs, les habits neufs, le dîner et cette singulière idée d’avoir l’air de m’accorder la main de votre fille... Dans le commencement j’ai bien voulu me prêter à l’aventure, car, je vous l’avoue, je vous supposais le cerveau fêlé... Mais, maintenant que la chose prend de telles proportions, je désire y mettre un terme, car... car...

Et, après avoir hésité à mettre la vraie phrase au bout de son car, Timoléon y ajouta cette variante:

—Car elle est vraiment délicieuse, votre fille.

—Ce qui signifie que vous ne voulez pas en être amoureux.

—Non, mais j’ai peur de le devenir.

—Eh bien, quel mal voyez-vous à aimer votre femme?