—Et quand me mariez-vous? demanda Paul qui n’avait pas pris au sérieux un seul mot du bonhomme.

—Mais, comme le plus tôt possible sera le meilleur, nous ferions bien d’aller tout de suite étudier le terrain, répliqua le bateleur avec aplomb.

—Alors, en route! firent les jeunes gens désireux de poursuivre la plaisanterie.

Borax suivit les deux amis, qui, cent pas plus loin, s’arrêtèrent devant une porte de la rue de Vaugirard.

—Voilà notre demeure, Virginie est la fille du propriétaire, annonça Paul.

—Tiens! dit le maître de Bourreau, vous habitez-là? Alors nous sommes porte à porte, car, moi, je perche dans une mansarde de la maison voisine.

II

Comme les deux artistes l’avaient dit au charlatan, la maison qu’ils habitaient appartenait au père de Virginie, M. Thomas Ribolard, ancien fabricant de vermicelle, macaroni et autres pâtes alimentaires.

Ribolard était bête comme un pot, et il avait deux millions.

Bien souvent on rencontre des individus dont on se dit: «Comment cet imbécile a-t-il pu faire fortune?» La réponse est bien simple. Par cela même qu’il est un crétin, il a inventé une grosse ineptie qu’il a lancée sérieusement. Et comme, si stupide que soit un homme, il existe toujours des gens dix fois plus buses que lui, ils font aussitôt un succès à l’absurdité lancée par cet idiot.