—Oh! la mer ne me fait pas peur... Je m’y porte comme un vrai charme... Ah! le voyage dure un grand mois!... Alors nous aurons tout le temps, Timoléon d’engraisser, et moi de maigrir, riposta Dumouchet.
A cette espérance manifestée, Bokel secoua la tête d’une façon gouailleuse:
—N’y comptez pas, fit-il.
—Pourquoi?
—Parce que vous venez de dire qu’en mer vous vous portez comme un charme... tandis que mon gendre... il peut vous l’affirmer lui-même... aussitôt le navire en route, se sent à tel point malade que, le voyage durât-il un mois... comme celui du Sénégal, il lui est impossible de rien manger. N’est-ce pas, Timoléon?
—Le fait est que je vais passer un bien vilain mois, répondit Polac.
Mais, paraît-il, Dumouchet était dans son jour de compréhension difficile, car il répliqua:
—Qu’est-ce que cela prouve?
—Comment voulez-vous qu’à ne pas manger mon gendre engraisse au point de vous donner la victoire?
Nul mulet n’est plus têtu que celui qui ne veut pas boire. Dumouchet devait être parfaitement décidé à ne pas boire puisqu’il se mit à hausser les épaules au raisonnement du tailleur en s’écriant: