Après un petit silence pendant lequel Poliveau s’était relevé, le commissaire, abondant dans le sens que le mari donnait à la disparition de sa Clarisse, demanda:

—Ainsi, monsieur Poliveau, les ravisseurs de votre femme ont enlevé tout ce qui était à son usage?

—Tout, absolument tout.

—Et de ce qui vous appartenait?

—Rien.

—On n’a rien distrait de votre caisse, par exemple?... L’avez-vous vérifiée?... Car vous m’avez dit être rentier.

—Oui, mais rentier sans caisse... Je vis d’une rente viagère de 6,000 francs, qui m’est payée par la compagnie LA PRÉCAUTION... Et, je l’avoue, je ne fais pas d’économies.

Pourquoi M. O***, qui, depuis midi, était libre de déposer ses fonctions, fut-il pris du désir de consacrer à Mathurin ces quelques heures d’un repos qui lui était acquis au bout de chaque quinzaine? C’est qu’on n’est pas impunément homme du métier et que plus le flair vous a révélé qu’une affaire est difficile à creuser, plus on se sent tourmenté de l’envie d’en avoir le dernier mot.

En conséquence, le magistrat dit à cet époux sans femme:

—Retournez chez vous, monsieur Poliveau. Dans une heure vous aurez ma visite.