Le vol... en admettant ce vol dont la méfiance du commissaire ne voulait pas démordre... n’avait donc rien à démêler avec le mobilier. Pendules, rideaux, tapis, tableaux ou autres accessoires d’un enlèvement facile étaient bien à leur place et ne laissaient à nu aucun coin qu’on pût croire avoir été dépouillé. Tout autre, moins entêté que le commissaire, se serait rendu à l’évidence, c’est-à-dire à l’examen, qu’il n’avait été emporté rien autre que ce qui était à l’usage particulier de la fugitive Clarisse.

La preuve en était dans tous les tiroirs, vides ou ouverts que Poliveau, en attendant le fonctionnaire, venait d’inspecter encore une fois avec l’espérance d’y retrouver un objet quelconque qui eût appartenu à sa femme.

—Vous voyez, dit-il, pas un fétu! ils ont tout pris, ces misérables qui m’ont ravi ma Clarisse.

Ayant renoncé à faire admettre par cet époux convaincu l’idée que sa femme avait fort bien pu décamper sans se faire le moindrement prier, le commissaire tendit à Mathurin la perche que sa manie préférait.

—C’est vrai! répondit-il... Rien!... Pas même un portrait qui vous aide en vos recherches... et vous montre les traits de la personne aimée.

Poliveau se prit la chevelure à poigne-mains et de sa voix glapissante:

—Non. Rien! rien! répéta-t-il. A-t-on vu sort pareil au mien! Etre marié et ne pas connaître sa femme! Elle passerait à côté de moi dans la rue qu’il me serait impossible de dire: C’est elle! c’est ma Clarisse! ma colombe!... Pas le plus petit moyen de reconnaissance!

—Oh! si... il en est un, avança M. O***.

—Lequel donc?

—Vous la reconnaîtriez bien à la voix, j’imagine sans peine?