—Oui, pour se réfugier chez moi, ajouta douloureusement Paul.
Borax, au lieu de s’émouvoir du reproche, fit un bond de joie.
—Tiens! tiens! vous me révélez un des côtés utiles du cornet à piston. Je vais en faire une nouvelle corde à mon arc. Dès ce soir, j’adresserai un prospectus à ma clientèle, où j’annoncerai que j’entreprends la suppression des punaises par un moyen de moi seul connu. Il y a tout un avenir dans ce secret.
—Vous direz encore que vous l’avez appris du roi de l’Inde.
—Non, non, j’inventerai que j’ai retrouvé ce secret dans les papiers d’un grand musicien décédé... de Rossini, par exemple.
Et Nicolas, se frottant les mains, continua, tout guilleret:
—Superbe! superbe! cette recette contre les punaises... Oui, superbe et pleine d’humanité, car elle débarrasse de l’animal sans le faire périr... La Société protectrice des animaux est capable de me donner un prix. Ah! monsieur Ernest, si je gagne une fortune, c’est bien vous qui me l’aurez mise dans la main.
—Alors, par reconnaissance, vous devriez bien ne plus me briser la tête avec votre piston pendant deux heures.
A cette demande, Borax devint sérieux et répondit d’une voix grave:
—Impossible, cher monsieur, c’est vraiment impossible!