—Que diable peut vous faire supposer cela! s’écria Poliveau, en ouvrant des yeux grands comme des portes cochères.

Tout semblait dire à M. O*** que Prévannes et Lurette Baba étaient le couple qui s’était joué de l’aveugle, mais, en homme qui n’agit que sur preuves, il voulait que ce fût Mathurin qui les lui livrât.

En conséquence il débita le petit thème qu’il venait de préparer:

—Voyez-vous, mon cher monsieur, il arrive bien souvent qu’on s’entête sur un nom, un mot, une désinence, en s’imaginant qu’ils vous sont fournis par la mémoire. Dans votre cas, il se peut fort bien que votre mémoire vous donne la désinence en ine et que votre esprit se bute sur le mot Dauphine... ce qui fait que, de la meilleure foi du monde, vous avez été chercher rue Dauphine votre excellent oncle qui, peut-être, habite rue Constantine.

Poliveau se laissa prendre à cette conclusion.

—Oui, s’écria-t-il, vous devez avoir raison. Savez-vous ce que je vais faire?

—Quelque chose de très-ingénieux, je n’en doute pas.

—Je vais acheter un Indicateur des rues de Paris et, toutes les rues dont les noms se termineront en ine, je les visiterai maison par maison.

—Heu! heu! fit M. O***, cela peut vous mener bien loin et durer fort longtemps.

—Je ne vois pas d’autre moyen.