Furibonde et rouge d’indignation, mademoiselle de Veausalé répète encore:
Mais les éclats de sa voix furieuse ont réveillé son roquet Raoul, qui dormait sur un coussin du canapé. L’animal a commencé un grognement de colère, qui se change tout à coup en un jappement joyeux quand il a senti le saltimbanque. Il s’élance vers lui et se livre à des bonds aimables et à des caresses.
Borax le montre à mademoiselle de Veausalé, en lui disant d’une voix mélancolique:
—Tu le vois, Paméla... Ton chien n’est pas comme toi, il a la mémoire du cœur, lui! Il reconnaît son vieil ami... son ancien professeur, car, s’il possède quelques talents de société, c’est à moi qu’il en est redevable... Je suis certain qu’il n’a pas dû oublier mes leçons... Venez; ici, Raoul, faites le mort, mon garçon.
Au commandement du bonhomme, le chien se couche aussitôt au milieu du salon et reste immobile.
—Très-bien, Raoul. Voyons maintenant si vous vous souvenez du reste... Attention!
Et Borax continue, en s’adressant à l’animal étendu:
—Raoul, il faudrait vous lever pour venir travailler.
Le chien ne fait aucun mouvement.