[169] La plupart des dessins indiqués dans le journal se retrouvent dans l'album d'aquarelles que le maître offrit au comte de Mornay, au retour du voyage, aquarelles qui, mises en vente le 19 mars 1877, produisirent un total de 17,235 francs. (Voir Catalogue Robaut.)

[170] Delacroix ressentait la plus vive admiration pour les maîtres hollandais. Le souvenir de Gérard Dow, évoqué par une scène marocaine, est curieux à noter ici.

[171] Ce groupe inspira sans doute une aquarelle qui figura au Salon de 1833 sous ce titre: Une famille juive.

[172] Delacroix se plaint dans la Correspondance de la difficulté qu'il éprouve à dessiner d'après nature: «Je m'insinue petit à petit dans les façons du pays, de manière à arriver à dessiner à mon aise bien de ces figures de Mores. Leurs préjugés sont très grands contre le bel art de la peinture, mais quelques pièces d'argent, par-ci par-là, arrangent leurs scrupules.» Il écrit encore de Méquinez, le 2 avril: «Je vous ai mandé dans ma première lettre que nous avions eu l'audience de l'empereur. A partir de ce moment nous étions censés avoir la permission de nous promener par la ville; mais c'est une permission dont moi seul j'ai profité entre mes compagnons de voyage, attendu que l'habit et la figure de chrétien sont en antipathie à ces gens-ci, au point qu'il faut toujours être escorte de soldats, ce qui n'a pas empêché deux ou trois querelles qui pouvaient être fort désagréables à cause de notre position d'envoyés.» (Corresp., t. I, p. 175 et 184.)

[173] M. Hay, consul général et chargé d'affaires d'Angleterre.

[174] Cette scène inspira à Delacroix l'admirable toile qui figure au musée du Louvre sous le litre: Noce juive dans le Maroc. Voici le texte explicatif fourni par Delacroix au livret du Salon de 1841: «Les Maures et les Juifs sont confondus. La mariée est enfermée dans les appartements intérieurs, tandis qu'on se réjouit dans le reste de la maison. Des Maures de distinction donnent de l'argent pour des musiciens qui jouent de leurs instruments et chantent sans discontinuer le jour et la nuit; les femmes sont les seules qui prennent part à la danse, ce qu'elles font tour à tour, et aux applaudissements de l'assemblée.» Ce tableau avait été commandé au maître par le marquis Maison, qui n'en fut pas satisfait et trouva trop élevé le prix de 2,000 francs que Delacroix lui en demandait. Il fut acheté 1,500 francs par le duc d'Orléans, qui le donna au musée du Luxembourg. De là il passa au Louvre. (Voir Catalogue Robaut.)


Vendredi 2 mars.—Promenade avec M. Hay. Dîné chez lui.

Le pied de côté dans l'étrier quelquefois.