Le soir, la querelle des domestiques.
*
8 avril.—A Emda.
Journée fatigante, ciel couvert et temps nerveux; traversé beau et fertile pays, beaucoup de douars et tentes. Fleurs sans nombre de mille espèces formant les tapis les plus diaprés. Reposé et dormi auprès d'un creux d'eau.
Rencontré le matin un autre pacha qui allait à ses affaires avec des soldats; nous avons eu au premier voyage son second qui était ici. La bride de son cheval couverte d'acier.—Abou a dîné avec nous.
*
9 avril.—A Alcassar-El-Kebir.[186]
Montagnes, côtoyé un endroit où nous avions déjeuné au premier voyage dans un creux auprès d'une fontaine. Genêts odorants, montagnes bleues dans le fond. Quand nous avons découvert Alcassar, nous avons aperçu des soldats de Tanger campés au loin; ils vont à Maroc. Ils étaient en ligne; les nôtres en ont fait autant; courses de poudre. Les chefs et soldats sont venus revoir leur chef, baisant leur main après avoir pris l'autre. Des soldats baisaient le genou.
Le lait offert par les femmes; un bâton avec un mouchoir blanc; d'abord le lait aux porte-drapeau qui ont trempé le bout du doigt; ensuite au caïd et aux soldats.