—Description de l'esquisse en marbre de l'Alexandre sur Bucéphale.

—Revoir l'ouvrage de Cochin[209] sur la composition des artistes français et étrangers».


[205] Delacroix revint sur celle idée dans un éloquent article publié cette même année 1844 dans les Beaux-Arts, à propos du groupe d'Andromède, de Puget. «Nous reviendrons à l'objet principal de cette note, à l'Andromède qui subit un martyre dont souffrent tous les amis des arts, puisqu'elle doit périr et disparaître finalement... Le grand sculpteur, harcelé de son vivant par les envieuses passions des artistes ses rivaux, méconnu et délaissé par les grands et les ministres, sera-t-il encore longtemps poursuivi dans ses ouvrages dont le nombre est si borné à Paris?»

[206] Émeric-David, archéologue et critique, né en 1755, mort en 1839, s'est fait une place très haute dans l'histoire de l'art français.

[207] Pietro Berettini, dit Pietro de Cortone, peintre italien, né en 1596, mort en 1669. On voit de lui au Louvre la Réconciliation de Jacob et d'Esaü, la Nativité de la Vierge, et Sainte Catherine.

[208] Francesco Solimena, peintre italien, né en 1657, mort en 1747. Le musée du Louvre possède de cet artiste un Héliodore chassé du temple, et Adam et Ève épiés par Satan.

[209] Charles-Nicolas Cochin, dessinateur et graveur de grand mérite, né en 1715, mort en 1790. Il écrivit sur les arts différents mémoires et des ouvrages appréciés qui dénotent chez cet artiste un rare esprit critique et une précision de jugement remarquable.


21 juin.—De l'abus de l'esprit chez les Français. Ils en mettent partout dans leurs ouvrages, ou plutôt ils veulent qu'on sente partout l'auteur, et que l'auteur soit homme d'esprit et entendu à tout; de là ces personnages de roman ou de comédie qui ne parlent pas suivant leurs caractères, ces raisonnements sans fin étalant de la supériorité, de l'érudition, etc.; dans les arts de même. Le peintre pense moins à exprimer son sujet qu'à faire briller son habileté, son adresse; de là, la belle exécution, la touche savante, le morceau supérieurement rendu... Eh! malheureux! pendant que j'admire ton adresse, mon cœur se glace et mon imagination reploie ses ailes[210].