[226] Roché, architecte, à qui Delacroix avait confié l'exécution des tombeaux de sa famille, notamment le monument qu'il éleva à son frère le général Delacroix, mort en 1845. C'est en reconnaissance de ses soins que Delacroix lui fit hommage du tableau dont il est question ici. (Voir Catalogue Robaut, n° 1019.) «Comme, au dernier Salon, j'avais exposé un Lion, qui avait généralement fait plaisir, j'ai pensé à vous envoyer une espèce de pendant à ce tableau.» (Corresp., t. I, p. 328 et 320.—Lettre à M. Roché).
[1847]
Mardi 19 janvier.—A dix heures et demie chez Gisors[227], pour le projet de l'escalier du Luxembourg. Ensuite à la galerie retrouver M. Masson[228]; il renonce de lui-même à graver le tableau. Chez Leleux[229]; causé d'un projet d'exposition. Temps superbe: gelée.
—Panthéon. Coupole de Gros; hélas! maigreur, inutilité.
Les pendentifs de Gérard que je ne connaissais pas: la Mort, la Gloire, avec Napoléon dans ses bras, et je ne sais quel Sauvage à genoux sur le devant; la Patrie, une grande femme armée et environnée de crêpes près d'un tombeau, gens prosternés, une figure volante sur le tombeau, qui est la seule belle chose de tout cet ouvrage: belle tournure, beau mouvement, l'œil poché par je ne sais quel accident; la Justice: il m'est impossible de me rappeler la moindre chose de ce tableau. La Mort: une femme soutient ou frappe, on ne sait lequel, un homme encore jeune, qui cherche à se retenir à un monument dont le caractère est incertain; sa pose n'est pas mauvaise; sur le devant, autres gens prosternés incompréhensibles.
Tout cela d'une couleur affreuse: des ciels ardoise, des tons qui percent les uns avec les autres, de tous côtés. Le luisant de la peinture achève de choquer et donne une maigreur insupportable à tout cela. Un cadre doré d'un caractère peu assorti à celui du monument, prenant trop de place pour la peinture, etc.
—Ensuite chez Vimont[230], mon élève. Vu un Prométhée, sur son rocher, avec des nymphes qui le consolent; l'idéal manque.