20 janvier.—Travaillé au tableau de Valentin[231]; fait le fond le soir chez J...

M. Auguste m'a prêté une aquarelle, Cheval noir, plus deux volumes des Souvenirs de la Terreur; il m'a rendu la petite galerie d'Alger (tablette) et un porte-manteau.

En rentrant le soir, j'ai trouvé la pièce de Ponsard qu'il avait pris la peine d'apporter[232].

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21 janvier.—Resté chez moi toute la journée. Le pastel du lion, pour les inondés. Composé trois sujets: le Christ portant sa croix, d'après une ancienne sépia; le Christ au jardin des Oliviers, pour M. Roché[233]; le Christ étendu sur une pierre, reçu par les saintes femmes.

Je lis les Souvenirs de la Terreur, de G. Duval[234]. Les frais de mise en scène, les conversations supposées, imaginées, pour donner de la couleur et de la réalité, ôtent toute confiance. La haine systématique contre la révolution se montre trop à découvert. L'historien cependant aurait à profiter dans cette lecture, non pour les petits faits qui y sont rapportés, mais il y verrait, à travers la partialité de l'écrivain, qu'il y a fort à rabattre de l'enthousiasme et de la spontanéité dans les mouvements que l'on admire le plus à cette époque. Ce qu'on y voit des rouages subalternes réduit à la proportion de complots ce qui paraît souvent dans l'histoire l'effet du sentiment national.

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22 janvier.—Commencé et avancé beaucoup le pastel représentant le Christ aux Oliviers.

Robert Bruce[235], le soir, avec Mme de Forget.

—Quand j'irai voir le tableau de Rubens, rue Taranne, aller chez Mme Cavé[236].