4 février.—Au moment de partir pour la Chambre des députés, M. Clément de Ris[258] est venu: aimable jeune homme. Laurent Jan est survenu; j'ai frémi en le voyant ramasser le gant aussitôt, sur quelques mots de l'interlocuteur qui, heureusement, est parti peu après. Laurent n'est pas resté non plus.
Arrivé à la Chambre à onze heures et demie. Vu, en arrivant, les voussures de Vernet[259]; il y a un volume à écrire sur l'affreuse décadence que cet ouvrage montre dans l'art du dix-neuvième siècle. Je ne parle pas seulement du mauvais goût et de la mesquine exécution des figures coloriées, mais les grisailles et ornements sont déplorables. Dans le dernier village, et du temps de Vanloo, elles eussent encore paru détestables.
J'ai revu avec plaisir mon hémicycle[260]; j'ai vu tout de suite ce qu'il fallait pour rétablir l'effet; le seul changement de la draperie de l'Orphée a donné de la vigueur au tout.
Quel dommage que l'expérience arrive tout juste à l'âge où les forces s'en vont! C'est une cruelle dérision de la nature que ce don du talent, qui n'arrive jamais qu'à force de temps et d'études qui usent la vigueur nécessaire à l'exécution.
—J'ai observé dans l'omnibus, à mon retour, l'effet de la demi-teinte dans les chevaux, comme les bais, les noirs, enfin à peau luisante: il faut les masser, comme le reste, avec un ton local, qui tient le milieu entre le luisant et le ton chaud coloré; sur cette préparation il suffit d'un glacis chaud et transparent pour le changement de plan de la partie ombrée ou reflétée, et sur les sommités de ce même ton de demi-teinte, les luisants se marquent avec des tons clairs et froids. Dans le cheval bai, cela est très remarquable.
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5 février.—J'ai passé toute la journée à me reposer et à lire dans ma chambre. Commencé Monte-Cristo: c'est fort amusant, sauf cependant les immenses dialogues qui remplissent les pages; mais, quand on a lu cela, on n'a rien lu...
Après dîner, chez Pierret, où j'ai trouvé le jeune Soulié[261]. Pierret est toujours malade de son point de côté. Ensuite chez Alberthe [262]; sa fille est alitée.
—Voici des titres d'ouvrages à avoir, que j'ai pris chez elle:
Moyen infaillible de conserver sa vue en bon état, jusqu'à une extrême vieillesse, traduit de l'allemand de M. G.-J. Beer, docteur en médecine de l'Université de Vienne.