—Après mon dîner,J'ai été chez Mme de Forget; c'était son jeudi. Larrey[316] et Gervais sont venus; David[317]... Comme j'allais partir, il m'a fait des compliments sur ma coupole[318], mais ces compliments-là ne signifient rien.
—Perpignan m'avait raconté l'anecdote du vieux Thomas Paw, qui a vécu cent quarante ans. Un homme qui désirait le voir rencontra un vieillard décrépit qui se lamentait, et qui lui dit qu'il venait d'être battu par son père, pour n'avoir pas salué son grand-père, lequel était Paw.
Il dit très justement que les émotions usent la vie autant que les excès; il me cite une femme qui avait expressément défendu qu'on lui racontât le moindre événement capable d'impressionner.
J'éprouve, du reste, combien je suis fatigué de parler avec action, même de prêter une attention soutenue à la pensée d'un autre.
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12 mars.—Journée de fainéantise complète... J'ai essayé, au milieu de la journée, de me mettre au Valentin: j'ai été obligé de l'abandonner; je suis retombé sur Monte-Cristo.
Après mon dîner, chez Mme Sand. Il fait une neige affreuse, et c'est en pataugeant que j'ai gagné la rue Saint-Lazare.
Le bon petit Chopin[319] nous a fait un peu de musique que... Quel charmant génie! M. Clésinger, sculpteur, était présent; il me cause une impression peu favorable. Après son départ, d'Arpentigny m'a commencé son apologie dans le sens de mon impression.
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13 mars.—Lacroix Gaspard[320] venu un instant. Il m'a beaucoup loué du dessin de mon Christ de la rue Saint-Louis. C'est la première fois qu'on m'en fait compliment.