[329] L'article auquel Delacroix fait allusion parut dans la Presse du 1er avril 1847. Théophile Gautier s'y exprimait ainsi: «Quelle variété, quel talent toujours original et renouvelé sans cesse; comme il est bien, sans tomber dans le détail des circonstances, l'expression et le résumé de son temps! Comme toutes les passions, tous les rêves, toutes les fièvres qui ont agité ce siècle ont traversé sa tête et fait battre son cœur! Personne n'a fait de la peinture plus véritablement moderne qu'Eugène Delacroix... C'est là un artiste dans la force du mot! Il est l'égal des plus grands de ce temps-ci, et pourrait les combattre chacun dans sa spécialité.»
Théophile Gautier avait toujours été le fidèle et l'ardent défenseur du génie de Delacroix. Il l'avait soutenu alors que tous ou presque tous l'attaquaient. Peut-être le peintre ne sut-il pas assez de gré au critique de ce que celui-ci avait fait pour lui; plus tard ses relations avec Gautier se refroidiront; il lui reprochera de n'être pas assez «philosophe» dans sa critique et de faire des tableaux lui-même, à propos des tableaux dont il parle. Si nous en croyons les personnes dignes de foi qui les ont connus tous deux et les ont observés dans leurs rapports, il faudrait attribuer ce refroidissement à l'horreur que Delacroix professait pour le genre bohème et débraillé, dont Théophile Gautier avait été l'un des plus illustres champions.
[330] Francis-Alphonse Wey, littérateur français, né en 1812. Comme écrivain et comme philologue, il occupa une place importante parmi les littérateurs de cette époque.
[331] Baron Denon, (1747-1825), graveur, fut directeur général des musées impériaux et membre de l'Institut.
[332] Hippolyte Maindron, sculpteur, né en 1801, élève de David d'Angers. Il appartient au petit groupe des sculpteurs romantiques dont les représentants les plus connus sont Barye, Préault, Antonin Moyne.
[333] Alfred Arago, artiste peintre, second fils de François Arago, né en 1816. Il devint inspecteur général des Beaux-Arts.
[334] Léonore, opéra en trois actes, de Beethoven, qui, réduit en deux actes, prit le titre définitif de Fidelio.
[335] Il s'agit ici sans doute de cette Mme Alberte de Rubempré, qui fut une des femmes les plus brillantes des salons de la Restauration, que Stendhal désigne sous le nom de Mme Azur dans ses Souvenirs d'égotisme, qu'il aima, dit-il, «d'un amour frénétique», et au sujet de laquelle il écrivait, ce qui n'était pas un médiocre éloge sous sa plume: «C'est une des Françaises les moins poupées que j'aie rencontrées.» (Stendhal, Souvenirs d'égotisme, p. 14, 15.)
[336] Voir Catalogue Robaut, n° 1353.