5 juin.—Dîné avec Vieillard chez Mme de Forget.—Le matin, Planet est venu avec M. Martens, pour daguerréotyper la Cléopâtre.[364] Petite réussite.

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6 juin.—Petit livre de croquis, avec crayon qui ne s'use pas, chez Ricois, rue des Petits-Augustins.

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7 juin.—Au Père-Lachaise, avec Jenny[365], pour arranger les tombes et voir l'ouvrage de David. Commencé, à partir de ce jour, l'arrangement avec le jardinier susdit, pour entretenir, moyennant vingt francs par an, les tombeaux de ma mère, etc., puis autre arrangement avec lui pour recreuser l'inscription de ma mère et nettoyer la pierre.

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8 juin.—Varcollier[366].—Cavé[367].—Nilson.—Scheffer.—Delessert.

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9 juin.—Chez la plupart des hommes, l'intelligence est un terrain qui demeure en friche presque toute la vie. On a droit de s'étonner en voyant une foule de gens stupides ou au moins médiocres, qui ne semblent vivre que pour végéter, que Dieu ait donné à ses créatures la raison, la faculté d'imaginer, de comparer, de combiner, etc., pour produire si peu de fruits. La paresse, l'ignorance, la situation où le hasard les jette, changent presque tous les hommes en instruments passifs des circonstances. Nous ne connaissons jamais ce que nous pouvons obtenir de nous-mêmes. La paresse est sans doute le plus grand ennemi du développement de nos facultés. Le Connais-toi toi-même serait donc l'axiome fondamental de toute société, où chacun de ses membres ferait exactement son rôle et le remplirait dans toute son étendue.