Je me trouve souvent dans l'embarras le matin, quand il faut reprendre une besogne, dans la crainte de ne pas trouver mes peintures assez sèches.

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Dimanche 24 juin.—Mauvaise disposition dans la matinée. Essayé d'esquisser un Samson et une Dalila[451]: j'en suis resté au crayon blanc.

L'après-midi, j'ai été à la forêt, par l'entrée du maquis: je n'avais pas vu ce côté depuis l'année dernière. Je me suis mis en tête de faire un bouquet de fleurs des champs que j'ai formé à travers les halliers, au grand détriment de mes doigts et de mes habits écorchés par les épines; cette promenade m'a paru délicieuse. La chaleur, qui avait été étouffante et orageuse dans la matinée, était d'une autre nature, et le soleil donnait à tout une gaieté que je ne trouvais pas autrefois au soleil couchant... Je suis, en vieillissant moins susceptible des impressions plus que mélancoliques que me donnait l'aspect de la nature; je m'en félicitais tout en cheminant. Qu'ai-je donc perdu avec la jeunesse?... Quelques illusions qui me remplissaient à la vérité et passagèrement d'un bonheur assez vif, mais qui étaient cause, par cela même, d'une amertume proportionnée.

En vieillissant, il faut bien s'apercevoir qu'il y a un masque sur presque toutes choses, mais on s'indigne moins contre cette apparence menteuse, et on s'accoutume à se contenter de ce qui se voit.

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Lundi 9 juillet.—Chez Piron, pour M. Duriez[452]: je le trouve on ne peut plus aimable. Il me retient à dîner pour le soir avant mon retour à Champrosay.

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Samedi 14 juillet.—Travaillé à l'Ugolin et fait le soir la vue de ma fenêtre.[453]

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