Samedi 13.—Matinée employée à terminer la lecture d'Arsace et Isménie[467], de Montesquieu. Tout le talent de l'auteur ne peut vaincre l'ennui de ces aventures rebattues, de ces amours, de cette constance éternelle; la mode et, je crois aussi, un sentiment de la vérité, ont relégué ces sortes d'ouvrages dans l'oubli.
Avant déjeuner, examiné les vitraux. Se rappeler ce beau caractère raphaélesque et plus encore corrégien: le beau et simple modelé et la hardiesse de l'indication. Contours noirs très prononcés pour la distance, etc. Après déjeuner, au cimetière.
Auparavant vers Saint-Ouen, chez une pauvre fabricante de mouchoirs au métier. Pauvres gens! on leur paye vingt francs les vingt-quatre douzaines de ces mouchoirs; cela ne fait pas vingt sous pour chaque douzaine.
La chapelle où repose le corps de Bataille ne me plaît pas. Je regrette de n'avoir pas été consulté.
Tué le temps jusqu'à dîner. Dormi dans ma chambre, puis fait un tour de parc à la nuit tombante. Ce parc et ces arbres gigantesques ont pris un aspect qui est presque lugubre; mais en vérité, si l'on pouvait, en peinture, rendre de pareils effets, ce serait ce que j'ai vu en paysage de plus sublime. Je ne peux rien comparer à cela..... Cette forêt de colonnes formées par les sapins, le vieux noyer en montant, etc.
Le pharmacien M. Leglay, la directrice des postes, venus dîner.
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Dimanche 14 octobre.—Aux Petites-Dalles avec Bornot. Gaultron, qui part demain, était resté à peindre.
Passé devant le château de Sassetot. Environs magnifiques; la descente pour aller à la mer. Effet de ces grands bouquets de hêtres. Arrivé à la mer par une ruelle étroite; on la découvre tout au bout du chemin.
Mer basse. J'ai été sur les rochers et ramassé deux des coquillages qu'on y trouve collés; j'ai essayé de les manger... chair dure, sauf un je ne sais quoi de jaune qui a un goût agréable de moule.