Le soir, clair de lune ravissant dans mon petit jardin. Resté à me promener très tard. Je ne pouvais assez jouir de cette douce lumière sur ces saules, du bruit de la petite fontaine et de l'odeur délicieuse des plantes qui semblent, à cette heure, livrer tous leurs trésors cachés.
[498] Ici paraît pour la première fois le nom du peintre Pierre Andrieu, qui fut le collaborateur assidu de Delacroix, après avoir été son élève. Il eut sa part dans ses principaux travaux décoratifs, notamment dans la galerie d'Apollon du Louvre et la chapelle de Saint-Sulpice. Après sa mort, il fut chargé de la restauration du plafond de la galerie d'Apollon et de la coupole de la bibliothèque du Luxembourg. Andrieu s'était assimilé si complètement la manière de Delacroix que Th. Gautier écrivait à propos de lui: «Les dessous de ses chefs-d'œuvre n'ont pas de secret pour lui. Ses personnages se meuvent naturellement... comme ceux de Delacroix; ils ont les mêmes types, les mêmes allures, le même goût d'ajustement. Si ce ne sont pas des frères, ce sont au moins des cousins germains, et après quelques heures de retouche, le maître volontiers les signerait.» C'était à la fois faire l'éloge et la critique du talent d'Andrieu. La vénération de l'élève pour le maître revêtait le caractère d'une véritable religion: il conserva pendant près de trente années les copies du Journal que nous publions aujourd'hui, sans permettre qu'on y portât la main, malgré les propositions qui lui furent faites.
[499] Le général Ledru des Essarts, frère du naturaliste Pierre Ledru, fit toutes les campagnes de la Révolution et de l'Empire. En 1836, Louis-Philippe le nomma pair de France. Il mourut à Champrosay en 1844.
[500] Georges Villot, fils de son ami Frédéric Villot.
[501] Mme Barbier était la belle-mère de Frédéric Villot.
[502] Toile de 0m,60 X 0m,40. Galerie Bruyas, au Musée de Montpellier.(Voir Catalogue Robaut n° 1184.)
Paris, lundi 3 juin.—Ce jour, dîné chez Bixio avec Lamoricière[503], etc. Cavaignac devait y être. Le premier est charmant et plein de véritable esprit.
—Tous ces jours-ci, je ne vois personne, enfoncé que je suis dans mon esquisse.