Dimanche 22 février.—Dîné chez Riesener avec Henri Hugues, qui est venu me prendre à l'atelier.

—Ébauché, avec Soulier, le fond.

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Mardi 24 février.—Fait d'après Bergini un croquis pour l'homme à cheval et refait l'homme couché. Ivresse de travail.

—Le Salon retardé.

Aujourd'hui, à Bergini......................... 5 fr.

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Vendredi 27 février.—Ce qui me fait plaisir, c'est que j'acquiers de la raison, sans perdre l'émotion excitée par le beau. Je désire bien ne pas me faire illusion, mais il me semble que je travaille plus tranquillement qu'autrefois, et j'ai le même amour pour mon travail. Une chose m'afflige, je ne sais à quoi l'attribuer; j'ai besoin de distractions, telles que réunions entre amis[71], etc. Quant aux séductions qui dérangent la plupart des hommes, je n'en ai jamais été bien inquiété, et aujourd'hui moins que jamais. Qui le croirait? Ce qu'il y a de plus réel en moi, ce sont ces illusions que je crée avec ma peinture. Le reste est un sable mouvant.

Ma santé est mauvaise, capricieuse comme mon imagination.