[70] On trouve ici l'idée première de cette illustration de Faust que Delacroix exécuta par la suite en dix-sept lithographies admirables d'originalité et de verve. Les gravures du Faust dont il est question ici sont vraisemblablement les douze planches du célèbre artiste allemand Pierre de Cornélius qui datent de 1810.
[71] Un des traits caractéristiques de la nature de Delacroix, à l'époque de sa première jeunesse, fut ce besoin de distractions, cette recherche du plaisir. Il obtenait d'ailleurs de réels succès, si l'on en croit ceux qui l'ont connu, plutôt comme homme du monde que comme artiste. Baudelaire, à qui Delacroix avait fait la confidence de ses préoccupations mondaines, note très justement qu'elles disparurent avec l'âge, et qu'un seul besoin impérieux les remplaça, l'amour du travail.
[72] Cette pièce de Gœthe a souvent inspiré Delacroix. Voici les différentes œuvres que cite le Catalogue Robaut:
Année 1828, Selbitz blessé (IIIe acte de Gœtz): 1° dessin a la mine de plomb, ayant appartenu à M. Riesener; 2° aquarelle, vendue 65 francs, en 1874 (vente Jacques Leman).
A diverses reprises, de 1836 à 1843, Delacroix travaille à une suite de lithographies: 1° Frère Martin serrant la main de fer de Gœtz (acte I, scène II); 2° Weislingen attaqué par les gens de Gœtz (acte I, scène II); 3° Weislingen prisonnier de Gœtz (acte I, scène IV); 4° Gœtz écrit ses mémoires (acte IV, scène V); 5° Gœtz blessé recueilli par les Bohémiens; 6° Adélaïde donne le poison au jeune page (acte V, scène VIII); 7° Weislingen mourant (acte V, scène X).
Vers 1836, il fait une nouvelle série de dessins: 1° George affublé d'une armure, plume et encre de Chine (acte I, scène II); 2° L'Évèque et Adélaïde jouant aux échecs, même planche (acte II, scène I); 3° Adélaïde congédiant Weislingen, mine de plomb (acte II, scène VI); 4° Lerse, aquarelle (acte II, scène VI; acte III, scène VI); 5° Gœtz et les paysans, mine de plomb (acte V, scène V); 6° Adélaïde donne le poison au jeune page (mine de plomb et lavis).
Il reprend encore le drame de Gœthe, vers 1843, il fait une série de gravures sur bois pour le Magasin pittoresque: 1° Frère Martin et Gœtz; 2° Gœtz blessé; 3° Gœtz écrivant ses mémoires; 4° Mort de Gœtz.
En 1850, deux toiles: l'une, Weislingen enlevé par les gens de Gœtz; l'autre, Gœtz recueilli par les Bohémiens.