—Ce serait une belle chose, un Passage de la mer Rouge.


[91] Italiana in Algeri, opéra italien de Rossini.

[92] Charles Demeulemeester, graveur belge, élève de Bervic, né à Bruges en 1771, mort en 1836. Il avait fait à Rome en 1806 des copies à l'aquarelle des Loges du Vatican, et s'était ensuite entièrement consacré à les reproduire par la gravure. Il laissa cette œuvre immense inachevée. C'est évidemment à ce travail considérable que Delacroix fait allusion.

[93] Le duc d'Orléans, qui manifesta toujours un goût très vif pour les arts, s'était constitué le protecteur des artistes de son temps. Il entretint notamment avec Decamps et Delacroix des relations assez suivies; à la différence de Louis-Philippe, le Prince avait pour le talent de Delacroix une admiration toute particulière: il venait à l'atelier du maître et suivait ses travaux. Deux des plus belles toiles de Delacroix, le Meurtre de l'évêque de Liège et la Noce juive au Maroc, furent achetées par le duc d'Orléans; la première avait été même composée spécialement pour lui. Enfin, si l'on feuillette attentivement les catalogues des ventes de la maison d'Orléans, on voit que de nombreuses œuvres du maître figurèrent dans la galerie du fils aîné de Louis-Philippe. (Voir Catalogue Robaut, passim.)

[94] Jean-Hector Schnetz, peintre, né à Versailles en 1787, mort en 1870, élève de David, de Gros et de Gérard. Il fut directeur de l'Académie de France à Rome.

[95] Charles Steuben, peintre d'histoire et portraitiste, né à Manheim. Delacroix le connut à l'atelier de Gérard, chez lequel Steuben se présenta muni de lettres de recommandation de Schiller et de Mme de Staël. Il fut élève de Prud'hon et débuta au Salon de 1812. Il peignit pour les galeries de Versailles les Batailles de Tours, de Poitiers, de Waterloo. Il exécuta aussi les portraits des rois de France Charles II, Louis II, Eudes, Charles IV, Lothaire, Louis V, Hugues-Capet, et pour le Louvre, la Bataille d'Ivry.

[96] La Panhypocrisiade, de Népomucène Lemercier, poème satirique en seize chants, singulier ramassis de scènes sans liaison, mais dont quelques-unes sont fort belles.

[97] On voit ici la première idée d'une composition qui devait être une de ses plus belles œuvres, connue sous ces noms: Melmoth ou Intérieur d'un couvent de Dominicains à Madrid, ou l'Amende honorable. Cette composition lui fut inspirée par la salle du Palais de justice de Rouen. Nous extrayons à ce sujet d'une biographie de Corot, publiée par M. Robaut, un passage marquant la profondeur de l'impression que le paysagiste avait éprouvée en voyant le tableau de Delacroix: «Nous étions assis sur l'un des bancs qui font le tour de la salle des Pas perdus; il était là, silencieux depuis un moment, les yeux levés sur les hautes voûtes en bois sculptés, quand tout à coup il s'écria: Quel homme! quel homme! Il revoyait dans sa pensée le tableau de l'Amende honorable que nous avions admiré ensemble quelques jours auparavant...» On sait que les deux artistes avaient l'un pour l'autre une vive admiration.

[98] Don Quichotte dans sa librairie.(Voir Catalogue Robaut, n° 138.)