—Travaillé chez Fielding à son Macbeth. A l'atelier vers midi. Commencé le Combat d'Hassan et du Giaour.[136]
—Dîné. Rouget à cinq heures.—Trouvé là Julien. Promené une heure avec lui.—Leblond à sept heures.—Dufresne n'est pas venu.—M. Rivière [137] y est venu.
—Je lisais ce matin cette anecdote. Un officier anglais, dans la guerre d'Amérique, se trouvant aux avant-postes, vit venir un officier américain occupé d'observer, qui paraissait si distrait qu'il n'en fut pas aperçu, quoiqu'il en fût à une distance très petite. Il le couche en joue, mais arrêté par l'idée affreuse de tirer sur un homme comme sur une cible, il retint son doigt prêt à faire partir la détente. L'Américain pique des deux et s'enfuit... C'était Washington!
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Mercredi 12.—A l'atelier à neuf heures. Déjeuné au café D...—Chez Soulier après. Soulier est venu avec M. Andrews.
—Cogniet est venu vers trois heures passées; il m'a paru fort content de ma peinture. Il lui semblait voir, disait-il, mon ancien tableau commencé. Et puis combien ce pauvre Géricault aimerait cette peinture!... La vieille, bouche grande ouverte, ni exagération dans les yeux; l'intention des jeunes gens du coin; naïf et touchant. Il semblait étonné qu'on fit à présent de telle sorte de peinture, etc. Il m'a bien plu comme de juste.
Dîné à six heures et demie rue de la Harpe. Fielding is come there and we are returned together at his home. I was then very sleepy and slept a little bit on the bed of Soulier while he was abed. Rentré à dix heures.
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Samedi 15 mai, dans la journée.—Ce qui fait les hommes de génie ou plutôt ce qu'ils font, ce ne sont pas les idées neuves, c'est cette idée, qui les possède, que ce qui a été dit ne l'a pas encore été assez.