[284] Théophile Silvestre fut certainement avec Thoré et Baudelaire le critique qui écrivit les articles les plus judicieux et les plus impartiaux sur l'œuvre d'Eugène Delacroix. Il s'agissait ici de la notice d'après nature publiée par Silvestre, qui fut réimprimée ensuite dans l'Histoire des artistes vivants français et étrangers.

Après avoir lu cet article, Delacroix écrivait au critique: «J'ai grandement à vous remercier d'une appréciation si favorable: c'est de l'apothéose de mon vivant. Malgré mon respect pour la postérité, je ne puis m'empêcher d'être fort reconnaissant d'un aussi aimable contemporain que vous. Veuillez à votre tour ne point considérer comme une flatterie banale les compliments que je vous adresse ici sur la valeur que vous y montrez: c'est un art de dire ce que vous voulez et d'exprimer les nuances, qui est fort rare dans ce temps-ci, quoique ce soit là une de ses grandes prétentions.» (Corresp., t. II, p. 111-112.)

[285] Toile qui appartient à M. Bischoffsheim. Vendue une première fois 500 francs en 1864, elle atteignait 7,800 francs en 1868. «C'est, dit M. Robaut, un ravissant tableau de chevalet que ne dépare aucune négligence; il est d'une touche preste, vive, habile: les figures sont traitées avec une grande délicatesse, et le paysage est d'une exécution très soignée.» (Voir Catalogue Robaut, n° 1246.)

[286] Ce tableau n'a été terminé qu'en 1859. (Voir Catalogue Robaut, n° 1019.)

[287] Il s'agit ici de M. Moreau, père de M. Adolphe Moreau-Nélaton, le collectionneur qui fit aussi de la critique d'art et dressa le premier inventaire des tableaux du maître en 1873.

La lettre écrite par Delacroix à Moreau est celle que nous avons citée plus haut, dans laquelle il parle de son «illustre confrère en plafond» Ingres.

[288] Ce tableau fut exposé au Salon de 1859. (Voir Catalogue Robaut, n° 589.)

[289] Delacroix allait souvent au Jardin des Plantes faire des études d'animaux. Dans une note de sa correspondance, M. Burty dit à propos du sculpteur Barye: «Ils avaient fait en compagnie, m'a dit M. Delacroix, des études au crayon ou à l'encre, de lions, de lionnes, de tigres, dans une superbe ménagerie qui s'était établie à la foire de Saint-Cloud, et aussi des études d'écorché, d'après une lionne morte au Jardin des Plantes.» (Corresp., t. I, p. 131.)

[290] Gustave Planche fut un des critiques qui suivirent depuis l'origine l'effort créateur de Delacroix: il l'accompagna de sa sympathie et parla de son œuvre dans de nombreux Salons. C'est ainsi que dans un Salon de 1837 «qui est un véritable acte d'accusation contre le jury, il énumère les tableaux refusés de Delacroix et déclare qu'il en parlera comme s'ils avaient été exposés». (Maurice TOURNEUX.)

[291] Ce tableau figure dans le Catalogue Robaut sous le n° 1240, et avec le titre: Femmes turques au bain. À la vente John Saulnier, en 1886, il a été vendu 15,500 francs.