[302] Le tempérament poétique de Lamartine plaisait médiocrement à Delacroix, lequel d'ailleurs avait peine à oublier une ridicule méprise qui fit que le poète lui attribua innocemment un jour de misérables peintures d'un nommé Vinchon, et l'accabla d'éloges à leur propos.
Paris, 2 mai.—Parti de Champrosay ce jour, à sept heures du matin.
J'étais inquiet au sujet de la lettre de Barbier à propos du conseil de révision; d'ailleurs, j'avais reçu la lettre d'Albert de Vau, qui lui annonçait un excellent envoi que je craignais de laisser longtemps à la discrétion de mes portiers; d'ailleurs, pour tout dire, le moment était arrivé. Mes tableaux avaient besoin de se reposer. Je ne restais donc plus qu'en me le reprochant, en considérant tout ce qui me rappelle à Paris.
—Sur le tantôt à Paris, et pendant que je me reposais, arrivent le cousin Delacroix et le cousin Jacob. Enchanté de les voir.
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3 mai.—Les deux cousins ont dîné avec moi; nous sommes restés les coudes sur la table jusqu'à onze heures. J'adore les récits de militaires, et lui, je l'aime beaucoup: il est un type véritable.
—Le matin, dans un beau feu, repris l'esquisse du Combat de lions[303]. J'en ferai peut-être quelque chose.
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