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4 juillet.—A l'Exposition de 1855, le Justinien[357].—Je me suis levé avant cinq heures. Quelques idées qui m'étaient venues pour l'article sur le Beau[358], et recouché jusqu'à huit heures; un certain malaise m'avait saisi. Repris le travail jusqu'à dîner, sans presque cesser, si ce n'est pour dormir quelques minutes. Il fallait faire cet effort généreux pour mettre ce travail en état d'être fini d'ici à deux ou trois jours: c'est un métier de chien.

Après dîner, j'ai fait, peut-être contre mon habitude, la meilleure partie du travail, par un examen d'ensemble, quelques pages écrites avec une certaine verve. J'écris ceci le mercredi matin, et je n'ai pas relu ce que j'ai fait. Je serais curieux de voir si l'état de l'esprit après dîner est, comme je le crois, dans la meilleure situation pour produire. À ce moment où je viens de me lever, fatigué à la vérité par l'excès de travail d'hier, je n'ai pas une idée: le corps et l'esprit ne demandent que du repos.

—Tous ces soirs, promené seul.

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5 juillet.—Mauvaise journée. J'ai essayé d'écrire et n'ai rien pu faire.

Sorti à trois heures avec Jenny pour aller voir le logement de la rue du 29 Juillet. Ensuite à Saint-Eustache, voir les peintures de Glaize[359].

En rentrant, mes yeux se portent sur le Loth de Rubens, dont j'ai fait une petite copie. Je suis étonné de la froideur de cette composition et du peu d'intérêt qu'elle présente, si on en excepte le talent de peindre les figures. Véritablement ce n'est qu'à Rembrandt qu'on voit commencer, dans les tableaux, cet accord des accessoires et du sujet principal, qui me paraît à moi une des parties les plus importantes, si ce n'est la plus importante.—On pourrait faire à ce sujet une comparaison entre les maîtres fameux.

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6 juillet.—Faire un travail sur l'antique,—sur le faux embellissement: les cartons de Rubens, de la vie d'Achille, les passages d'Homère et les tragiques grecs où l'on entend le cri de la nature.—Vulcain dans sa forge, dans l'Iliade.—Comparaison avec David.