[378] Delacroix publia une étude sur Charlet qui parut à la Revue des Deux Mondes (1er juillet 1862). Elle débute ainsi: «Je voudrais à ma faible voix plus de force et d'autorité pour entretenir dignement le public français de quelques admirables contemporains qui font sa gloire, sans qu'il en soit suffisamment informé. Charlet est à la tête de ces hommes rares qui ne me paraissent pas avoir été mis à la place que la postérité leur réserve sans doute. »

[379] La partialité et l'injustice de Delacroix à l'égard des savants se sont déjà manifestées à maintes reprises dans le Journal: la chose est d'autant plus surprenante que nous nous étions habitués à envisager les idées générales du maître comme supérieures à celles que nous trouvons exprimées ici. (Voir sur ce point la Vie de M. Frédéric-Thomas Graindorge, de H. Taine.)

[380] Delacroix, dans ses promenades quotidiennes à la jetée de Dieppe, étudiait sans relâche la mâture, les poulies, les cordages des navires. L'idée lui vint de mettre à profit ces observations dans un tableau où la mer jouerait un rôle. Il s'en ouvrit à Chenavard: «Tout cela, disait-il, n'a pas dû changer depuis les âges les plus reculés; Jésus-Christ, après tant d'autres, a vu tout cela; aussi vais-je le peindre endormi dans sa barque pendant la tempête.» Ce propos, que nous tenons de M. Chenavard lui-même, montre l'idée qui a inspiré à Delacroix ce sujet qu'il a repris maintes fois avec de nombreuses variantes.

[381] Dans un autre passage du Journal, Delacroix compare la peinture de Delaroche à celle d'un «amateur qui n'a aucune exécution comme peintre».

[382] Ces dessins sont indiqués dans le Catalogue Robaut à l'année 1854. M. Robaut relève à côté des croquis les mots suivants: «Mer tranquille, vue de face, semblable aux sillons des champs, lorsqu'on a coupé l'herbe et qu'on l'a posée sur le dos des sillons. Le ton de la demi-teinte de la mer, jaune transparent verdâtre, comme de l'huile; taches bleuâtres comme de l'étain avec l'aspect métallique et luisant. C'est la réflexion du ciel dans les flaques d'eau; les bords sont très brillants et argentés, et le milieu est bleuâtre; ou bien les bords sont bleu étain et le milieu couleur de sable. Ces tons couleur de sable se voient souvent dans la mer. Le sable du bord de la mer toujours plus foncé que celui qui est un peu plus éloigné, parce qu'il est plus mouillé.»

[383] Papety (1815-1849), peintre, élève de Cogniet. En 1836, il obtint le grand prix de peinture et partit pour Rome. Ses premières œuvres, très remarquées, faisaient présager pour l'artiste un brillant avenir. La mort le frappa à trente-quatre ans, en plein talent et au moment où il allait écrire l'histoire de l'art byzantin, d'après des notes et des documents archéologiques rapportés d'Orient.

[384] Voir Catalogue Robaut, n° 1271.

[385] C'est la phrase de Pascal: «Quelle vanité que la peinture, qui attire l'admiration par la ressemblance des choses dont on n'admire pas les originaux!» Chenavard l'avait sans doute citée dans une de leurs discussions littéraires et artistiques, et Delacroix la copie ici de mémoire.

[386] Il est particulièrement intéressant de rapprocher ce passage sur Géricault des précédentes appréciations de Delacroix.

[387] Delacroix est loin de citer dans son Journal tous les croquis qu'il faisait journellement. Ce même jour, 19 septembre, il a dessiné des bateaux avec un soin minutieux. Ces dessins sont datés et appartiennent à M. Robaut.