Les époux montèrent dans les combles, à une petite mansarde. Martine était fatiguée. Elle mangea ce qui restait des provisions de la Buguet et se coucha.
Jasmin alla souper avec les domestiques. Agathon Piedfin lui sauta au cou. Le marmiton fleurait l'ail et le musc. Il semblait fatigué, avait les yeux battus.
—La ville me pèse, dit-il. Je suis trop fait à l'existence des châteaux.
Dès neuf heures, il entraîna Buguet dans une rôtisserie, où il allait chaque soir. L'enseigne représentait un soleil d'or aux lourds rayons entouré de raisins. On avait fini de manger. La salle sentait la sauce épanchée et la lie de vin. Agathon serra la main au rôtisseur, un gros homme qui lui remplit jusqu'au bord un gobelet, ainsi qu'à Jasmin. Le marmiton de la Pompadour s'empara d'un pilon de dinde qui refroidissait sur un plat et le plongea dans le sabot plein de sel accroché à la cheminée. Il le dévora.
—Je ne puis manger ma propre cuisine, dit-il. J'aime mieux celle des autres.
Il s'assit à côté de Jasmin et lui demanda:
—Aimez-vous vraiment votre femme?
—Plaisante question! Je ne l'eusse point épousée si elle m'avait été indifférente.
—Tiens! C'est qu'à la noce vous aviez l'air distrait, si loin de la mariée!
—Vous avez mal vu.