Buguet envoya à la tête de l'insolent son verre empli de vin.

Ce fut une bataille. Deux aides de Jasmin, qui se trouvaient là, prirent parti pour leur maître. Les amis du Parisien sautèrent dessus. Agathon s'esquiva.

Les mots violents partirent. Les coups de poing pleuvaient. Les tables tombèrent, faisant rouler les chopines.

Alors la cabaretière s'arracha les cheveux:

—A moi, messieurs les hussards! à moi, messieurs les gardes!

Elle courut dans la rue, tandis qu'en sa cantine, sous les horions, le sang commençait à couler, les visages à bleuir.

Jasmin jeta son adversaire sur le sol.

Mais d'autres Parisiens accoururent et Buguet allait être terrassé, quand des soldats entrèrent. L'officier reconnut le fleuriste du château. Il fit arrêter les émeutiers et ils furent conduits au poste sous escorte.

Buguet regagna Bellevue. Piedfin le rejoignit sur la route.

—Marie-Joseph! clama le cuisinier, tout en coupant en «hosties» un saucisson qu'il venait d'acheter, êtes-vous exalté! Vraiment, ne savez-vous pas que la colère est péché mortel?