La barque s'arrêta au Pont-Royal. Jasmin et sa femme en descendirent et allèrent rue du Pot-de-Fer, chez un éperonnier avec lequel ils avaient lié des relations d'amitié à Bellevue, où il vendait aux piqueurs et aux gardes. Ils tombèrent au milieu d'une petite fête. La femme de l'éperonnier venait d'accoucher et les voisins accouraient avaler le coup de vin à la santé du poupon. Un potier d'étain était parrain et les parents avaient pris une perruquière pour marraine.

—Ainsi l'on pourra dire qu'il est né coiffé, fit le père.

Les Buguet furent reçus avec joie.

—Vous allez voir le petit! s'écria l'éperonnier. Il pèse déjà six livres! Une rôtisseuse de la famille nous offre une dinde qui pèse deux fois son poids pour le dîner de baptême! Vous la mangerez avec nous. Et nous irons, une fois n'est pas coutume, prendre des huîtres chez l'écaillière!

Jasmin soupira:

—Mon bon ami, nous partageons votre bonheur. Mais vraiment nous serions des trouble-fête! Nous partons demain avant l'aurore pour Boissise la Bertrand!

—Pour Boissise! Votre mère est malade?

—Nous ne sommes plus chez la marquise de Pompadour, dit Buguet.

—Vous n'êtes plus chez la Marquise!

L'artisan leva les bras au ciel.