Passant à Saint-Assises, Jasmin aperçut dans le parc d'une gentilhommière le vieux jardinier qui ratissait l'allée.
—Bonjour, monsieur Leturcq!
—Ah! Jasmin! Entre donc!
—Vous êtes bien civil, monsieur Leturcq! Buguet ôta son chapeau et déposa le panier près de la grille.
—Viens que je te montre une plante nouvelle, continua M. Leturcq. Elle arrive d'Italie et fleurit ici pour la première fois.
Jasmin eut un battement de cœur en pénétrant dans la petite serre. Un dévot n'est pas plus ému sous le porche d'une église. Cet amoureux des fleurs eût cherché l'eau bénite au fond des arrosoirs et se fût signé. Il tint son feutre sous le bras respectueusement.
—Vois, dit M. Leturcq avec un geste rond et une mine satisfaite.
Jasmin s'arrêta devant deux tubéreuses. Blanches sur leurs longues tiges vertes et rougissant, comme honteuses de la volupté qui s'émanait de leurs corolles, capiteuses elles s'offraient au milieu d'un groupe de bromélias bigarrés qui semblaient épris des nouvelles venues.
—Caresse! C'est doux, dit M. Leturcq. Jasmin obéit; sa main trembla.
—Et celle-ci? continua le vieux jardinier. C'était la Gordon des Anglais (ainsi appelait-on alors le gardénia!), tout aristocratique et élégante.