—Le bidet d'une marquise, c'est-il son cheval? demanda Tiennette.

—A peu près, répondit Laïde d'un air pincé et important.

Jasmin impatienté frappait avec sa cuiller sur la nappe.

Un peu avant minuit les cloches sonnèrent.

—C'est le moment d'aller à la messe, dit la tante Gillot en réveillant son homme, qui avait fini par sommeiller auprès du feu.

—Ah! fit le tanneur en se frottant les yeux, voici passés les plus doux instants de Noël.

—Païen! répliqua sa femme. Tu attireras sur nous le feu du ciel! Tiens!
Voilà qu'on sonne pour la deuxième fois.

On sortit. Les petits sabots de Tiennette furent les premiers qui laissèrent leur empreinte sur la neige. Derrière marchait la tante Monneau: elle tenait une lanterne dont la lueur par cette blanche nuitée paraissait rouge et brumeuse.

Le clocher envoyait des notes argentines à travers le pays silencieux que réveillaient seuls quelques sifflements de la bise dans le marronnier d'Inde ou le murmure de la Seine, qui se gonflait.

Cependant les portes s'ouvraient, lançant un rai de lumière, comme une baguette d'or qui s'élargissait aux chemins couverts d'hermine. Des groupes noirs sortaient des masures. Du côté de Boissette, le village voisin, on entendit des voix: