«En chascune arriere chambre estoit ung mirouer de crystallin enchassé en or fin, autour guarny de perles, et estoit de telle grandeur qu'il povoit veritablement representer toute la personne...»

La règle des Thelemites se bornait à cette clause:

«Fay ce que vouldras, parce que,» ajoute Rabelais, «gens liberes, bien nayz, bien instruictz, conversans en compaignies honnestes, ont par nature ung insting et aiguillon qui tous jours les poulse à faictz vertueux, et retire de vice, lequel ilz nommoient honneur... Iceulx, quand par vile subjection et contraincte sont deprimez et asserviz, destournent la noble affection par laquelle à vertu franchement tendoyent, à deposer et enfraindre ce joug de servitude. Car nous entreprenons tousjours choses defendues, et convoitons ce que nous est denié... Tant noblement estoyent apprins qu'il n'estoit entre eux celluy ne celle qui ne sceust lire, escripre, chanter, jouer d'instrumens harmonieux, parler de cinq à six languaiges,. et en iceulx composer tant en carme qu'en oraison solue...» Toute l'histoire des premiers moments de la renaissanoe est dans ce peu de mots, et l'on sait où cette facile et galante morale conduisit la société, et comment tant de gens «bien nayz, bien instruictz, furent poulsez par nature à faictz vertueux.»

Nous avons dû dans cet article, déjà bien long, nous occuper seulement des dispositions générales des monastères, nous renvoyons nos lecteurs, pour l'étude des différents services et bâtiments qui les composaient, aux mots: ARCHITECTURE RELIGIEUSE, ÉGLISE, CLOÎTRE, PORCHE, RÉFECTOIRE, CUISINE, DORTOIR, CHAPITRE, BIBLIOTHÈQUE, GRANGE, PORTE, CLOCHERS, TOUR, ENCEINTE, etc., etc. [116]

[Note 51: ][ (retour) ] Le plan original de l'abbaye de Saint-Gall (en Suisse) est conservé dans les archives de ce monastère; il est reproduit à une petite échelle par dom Mabillon (Annales Benedictini, t. II, p. 571), et récemment publié en fac-simile par M. F. Keller, avec une notice descriptive. (Voy. Instructions sur l'arch. monast., par M. Albert Lenoir.)

[Note 52: ][ (retour) ] Voici le passage de cette lettre donné par Mabillon (Ann. Bened., t. II, p. 571, 572). «Hæc tibi, duldissime fili Cozberte, de positione officinarum paucis exemplata direxi, quibus sollertiam exerceas tuam, meamque devotionem utcumque cognoscas, qua tuæ bonæ voluntati satisfacere me segnem non inveniri confido. Ne suspiceris autem me hæc ideo elaborasse, quod vos putemus nostris indigere magisteriis; sed potius, ob amorem tui, tibi soli perscrutanda pinxisse amicabili fraternitatis intuitu crede.--Vale in Christo semper memor nostri, amen.»

[Note 53: ][ (retour) ] Histoire de l'abbaye de Cluny, par M. P. Lorain. Paris, 1845; p. 16.

[Note 54: ][ (retour) ] C'est de l'excellent ouvrage de M. P. Lorain que nous extrayons cette traduction. (Bibl. Clun., col. 1, 2, 3, 4.)

[Note 55: ][ (retour) ] «...Ita ut nec nostra, nec alicujus potestatis contradictione, contra religiosam dumtaxat electionem impediantur...»

[Note 56: ][ (retour) ] «...Habeantque tuitionem ipsorum apostolorum atque romanum pontificem defensorem...»