Ces hourds se combinent avec la charpente du comble et couronnent la tête des murs sur deux côtés du bâtiment faisant face aux quais (voy. BRETÈCHE, fig. 3). Le tracé A fait voir le système de hourdage en planches verticales à l'extérieur, et le tracé B le détail de la découpure inférieure de ces planches en sapin d'une forte épaisseur, avec leurs couvre-joints C. Comme toujours, un mâchicoulis continu est réservé en D.
On établit encore des hourds contre l'artillerie à feu; mais alors on prenait la précaution de remplacer les planches par un hourdis en maçonnerie entre les membrures. On voit des hourds de ce genre encore existants en Lorraine et en Suisse, notamment au-dessus de la tour qui termine le pont de Constance du côté de la ville. À Nuremberg, il existe encore des hourds du XVIe siècle sur les remparts élevés par Albert Dürer (voy. CRÉNEAU, fig. 18). Ces hourds sont maçonnés entre les membrures et couronnent les parapets des courtines par-dessus la grosse artillerie.
On donnait aussi le nom de hourd à des échafauds que l'on dressait soit dans des salles, soit sur l'un des côtés d'un champ, pour permettre à des personnes de distinction de voir certaines cérémonies, des ballets ou des combats en champ clos. Ces hourds étaient alors encourtinés, c'est-à-dire recouverts de riches étoffes, d'écussons armoyés, de peintures sur toile, de tapisseries. Leur intérieur était disposé en gradins et quelquefois divisé en loges séparées par des cloisons drapées. Les manuscrits du XVe siècle nous ont conservé un grand nombre de ces échafauds décorés, établis à l'occasion d'un tournois, d'un banquet ou d'une fête.
[Note 73: ] [ (retour) ] De Bello Gallico, I. VIII, c. IX.
[Note 74: ][ (retour) ] Au château de Carcassonne, par exemple, où les trous de hourds sont partout conservés.
[Note 75: ][ (retour) ] Voy. Coll. des docum. inéd. sur l'hist. de France, 1re série; Hist. polit.; Hist. de la croisade contre les hérét. albigeois, en vers provençaux, par un poëte contemporain, trad. par M. C. Fauriel; 1837.
[Note 76: ][ (retour) ] Vers 6854 et suiv.
«Il y parut bien à l'oeuvre et aux autres métiers;
Dedans comme dehors on ne voit qu'ouvriers
Qui garnissent la ville et les portes et les plates-formes,
Les murs et les bretèches, les hourds doubles,
Les fossés et les lices, les ponts, les escaliers,
Et dans Toulouse ce ne sont que charpentiers.
...»
[Note 77: ][ (retour) ] Vers 3988 et suiv.
«Mais auparavant faisons un mur sans chaux ni sable
Avec un double hourd et escalier solide.»
[Note 78: ][ (retour) ] C'est là le procédé qui a été employé par nous lors de la restauration, sans qu'il y ait eu le moindre accident à déplorer. Trois ouvriers ont été tués pendant les reprises des lézardes, mais par suite d'une négligence dans la manoeuvre. Ce malheur est arrivé, d'ailleurs, en dehors des ponts dont il est fait ici mention, et sur lesquels on a pu barder des pierres lourdes, des pièces de fer et de bois d'un poids considérable.
[Note 79: ][ (retour) ] Nous le répétons: une opération absolument semblable a été faite, par les mêmes moyens, en très-peu de temps et avec des bois légers, par quatre ouvriers charpentiers conduits par un ancien compagnon habile, M. La France; ce ne sont donc pas là des hypothèses.