Ce toast comme le premier, fut accueilli par d'unanimes acclamations, et l'estimable artiste fut forcé de venir dans le salon recevoir les hommages de ces chaleureux admirateurs de ses talents culinaires.

Jusque-là, tout s'était passé très-convenablement; mais à ce moment, le fumet des vins capiteux servis avec profusion aux convives, leur étant monté à la tête, et le café et les liqueurs françaises et des îles ayant achevé une besogne si bien commencée, la conversation prit tout à coup des allures très-décolletées. Ainsi que cela arrive presque toujours, ce furent les femmes qui donnèrent le signal des propos hasardés et des épigrammes licencieuses.

—Eh bien! M. de Courtivon, dit la danseuse, vous êtes donc déterminé à quitter le monde?

—Hélas! oui, madame, répondit de Pourrières, je renonce à Satan, à ses pompes et à ses œuvres.

—C'est très-édifiant, reprit Mina.

—Et tout à fait pastoral, ajouta la danseuse.

—Tiendrez-vous à la main, lorsque vous serez aux champs, une houlette enjolivée de petits rubans roses?

—Mais certainement, j'aurai une houlette, une pannetière, un troupeau de jolis moutons, et peut-être bien une Philis, si j'en puis trouver une.

—Oh! M. de Courtivon, emmenez-moi, je vous prie, dit une femme qui n'avait pas encore parlé; je vous assure que je vous serai fidèle, et que je ne me laisserai pas séduire par les bergers d'alentour.

—Je ne veux pas priver le quartier Notre-Dame-de-Lorette de son plus bel ornement.