—Tu as joué?
—Oui.
—Et tu as sans doute beaucoup perdu?
—C'est ta faute autant que la mienne, pourquoi m'as-tu quitté? Lorsque je suis seul je m'ennuie et alors je joue pour me distraire, mais ce qui vient de m'arriver me servira de leçon.
—Voilà plusieurs fois déjà, que tu me tiens le même langage... Voyons, combien as-tu perdu?
—Vingt-deux mille francs.
—Vingt-deux mille francs! s'écria Salvador; mais bourreau, ajouta-t-il, tu as donc promis au diable de nous ruiner?
—J'en conviens, la saignée est un peu forte; mais tu le sais, mon ami, au jeu comme à la guerre, on peut en un instant, réparer les pertes d'une année.
—Ainsi, tu ne veux pas cesser de jouer?
—Pourquoi n'essayerais-je pas de regagner ce que j'ai perdu?