—Je crois que vous avez raison.
—Allons, allons, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, et je crois qu'à nous trois nous pourrons faire des grandes choses.
—Lorsque notre bourse sera vide, dit Silvia, je vous parlerai d'une petite affaire dont les résultats, je l'espère, ne seront pas moins beaux que ceux que M. Lebrun vient d'obtenir.
—Je vous rappellerai votre promesse en temps utile, madame la marquise.
La conversation se prolongea sur ce ton quelque temps encore; puis enfin la question de savoir à qui les pierreries seraient vendues fut agitée. Salvador, Roman et Silvia, qui avaient plus vécu en province qu'à Paris, ne connaissaient pas encore toutes les ressources de la capitale.
—Nous pouvons dessertir nous-mêmes ces pierres et les mettre sur papier; mais à qui les vendre ou les engager? voilà la question à laquelle il faudrait pouvoir répondre, dit Salvador.
—C'est, en effet, embarrassant.
—Oh! une idée, ajouta Salvador en se frappant le front, je tiens notre affaire. Te souviens-tu de cet original que nous avons rencontré chez Lemardelay, qui avait amené avec lui une vieille femme d'une tournure si grotesque, et que tous le monde accablait de compliments et de salutations.
—M. Juste?
—Juste, je crois que cet homme est celui qu'il nous faut.