—Allons donc, mon cher de Lussan, nous agirons chacun de notre côté, le plus heureux ou le plus adroit réussira; mais comme vous êtes plus jeune et beaucoup plus joli garçon que moi, toutes les chances sont en votre faveur.

—Je le souhaite, cher marquis... Au reste, ce que vous désirez sera fait.

Roman, qui depuis quelques instants lisait un journal qu'il avait pris sur le bureau du marquis, jeta tout à coup un cri de surprise:

—Qu'y a-t-il donc? demandèrent en même temps de Pourrières et de Lussan.

—Je ne suis plus étonné de ce que Maladetta et Lion ne se sont pas trouvés à leur poste! dit Roman... Ils sont morts.

—Morts! s'écria de Lussan.

—Oui, morts! ajouta Roman, tout ce qu'il y a de plus mort, écoutez ceci:

«Paris, 10 février 1839.

»Une jeune femme douée de la plus agréable physionomie, habitait avec un jeune homme, un modeste logement de la rue des Lions Saint-Paul. Depuis quelque temps, cette jeune femme qui s'était d'abord fait remarquer par sa pétulance et sa vive gaieté, était triste, et souvent ses voisines remarquèrent le matin l'extrême pâleur de son visage et la trace de larmes répandues, sans doute, pendant la nuit.

»Elle ne répondit jamais aux questions obligeantes qui lui furent adressées. On sut cependant bientôt, que le jeune homme avec lequel elle vivait la maltraitait d'une manière horrible.