La comtesse de Neuville trouva en rentrant à son hôtel, une lettre qui portait le cachet armorié du marquis de Pourrières, elle la montra à Laure.
—Que peut me vouloir cet homme, dit-elle en décachetant la lettre, aurait-il par hasard l'audace de me parler d'amour dans un pareil moment?
—Je ne le pense pas, répondit Laure, le marquis de Pourrières, je ne puis lui refuser cette qualité, est homme de bonne compagnie, et je ne crois pas qu'il ose parler d'amour à une veuve sur les cendres encore chaudes de son mari.
—Lis, dit Lucie après avoir parcouru la courte missive de Salvador, qui était conçue en ces termes:
«Madame,
»Les journaux m'ont appris l'affreux malheur qui vient de vous frapper, croyez que je prends une bien vive part à la juste douleur que vous devez éprouver, et daignez agréer avec l'assurance du dévouement le plus désintéressé, celle du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être,
»Madame la comtesse, etc.»
—C'est une simple lettre de condoléance semblable à toutes celles que tu as déjà reçues et que tu n'as pas pris la peine de décacheter, dit Laure après avoir lu.
—Je lui sais gré de ne pas m'avoir écrit autre chose, répondit Lucie.
Avec la lettre du marquis de Pourrières on en avait remis plusieurs autres à la comtesse, ainsi que les listes journalières des personnes qui étaient venues se faire inscrire chez elle depuis la mort de son mari.