—Qu'est-ce, dit Salvador, et que vous veut cet homme; le connaissez-vous?

—Brûlez le pavé, dit Silvia à son cocher avant de répondre à Salvador, brûlez le pavé.

La marquise de Roselly venait de reconnaître Beppo.

Le cocher, jaloux d'obéir à sa maîtresse, avait vigoureusement fouetté ses chevaux, et la calèche roulait rapide comme l'éclair le long d'une des grandes allées du bois.

Salvador et le vicomte de Lussan ne savaient à quoi attribuer la terreur évidente et la singulière conduite de leur compagne; elle les instruisit en peu de mots.

Salvador tourna la tête et vit courir derrière la calèche l'homme que Silvia paraissait si fort redouter; il était éloigné de vingt pas environ, sa conduite indiquait suffisamment quelle était son intention; il voulait suivre la voiture, afin de connaître le nom et le domicile de ceux qu'il venait de rencontrer.

Le vicomte de Lussan avait imité le mouvement de Salvador.

—Mais je connais cet homme là, dit-il à voix basse à son compagnon.

—Je le crois parbleu bien! répondit Salvador; cet homme est celui que nous avons fait entrer chez la Sans-Refus, lorsqu'il venait d'assassiner la marquise.

—Diable! diable! mais il ne faut pas que cet individu, qui me paraît un gaillard résolu, sache qui nous sommes.