—Alexis, marquis de Pourrières, né au château de Pourrières, département du Var, arrondissement de Brignoles.
—Vous êtes, à ce que vous assurez, le marquis Alexis de Pourrières? Je dois vous prévenir que vous serez forcé de prouver que ces noms et ce titre, que l'on a l'intention de vous contester, vous appartiennent réellement; si vous n'êtes pas ce que vous paraissez être, un aveu sincère disposerait peut-être la justice à vous traiter avec une indulgence dont en ce cas, vous auriez probablement extrêmement besoin.
—Je ne sais, monsieur, dans quel but vous me faites cette observation; mais je suis, grâce à Dieu, en état de prouver, lorsque cela sera nécessaire, que je suis bien le fils unique de M. le marquis Hector de Pourrières, capitaine à l'armée des princes...
—C'est bien. Je vous devais l'avertissement que je viens de vous donner. Répondez maintenant aux questions que je vais vous adresser:
—Vous avez été arrêté dans le bois de Bougeaux par des bandits qui vous ont dépouillé de tout ce que vous possédiez, et laissé pour mort sur la route?
—Il est vrai.
—Vous avez été relevé par une patrouille de gendarmerie et porté à Melun?
—C'est encore vrai.
—Lorsque, grâce aux soins qui vous ont été donnés, vous avez eu recouvré l'usage de vos facultés, vous avez été interrogé par M. le substitut du procureur du roi de cette ville; vous avez rapporté à ce magistrat les diverses circonstances de l'attentat dont vous avez été la victime, circonstances, je dois le dire, dont des faits ultérieurs sont venus démontrer la rigoureuse exactitude; cependant, lorsqu'il a fallu signer votre déclaration, vous avez pris le nom de Louis Rousseau, commis voyageur de la maison Biot et compagnie, de Marseille. Pourquoi cela?
—Je ne voulais pas, dans la crainte de causer de trop vives inquiétudes à ma femme et à mes amis, qu'ils apprissent par d'autres que par moi, l'événement dont je venais d'être la victime; j'avais l'intention d'apprendre plus tard à M. le substitut du procureur du roi quel était mon véritable nom.